Les expositions phare du Centre dâart : porter un regard sur lâinsignifiant
Le Centre dâart de Lectoure propose pour sa programmation estivale une plongĂ©e dans lâart contemporain qui transcende la notion du spectaculaire pour cĂ©lĂ©brer le presque rien. Chaque photographie exposĂ©e invite Ă observer les dĂ©tails anodins de notre quotidien, de la texture dâune feuille au grain du mur. En multipliant les points de vue sur lâinsignifiant, le festival redĂ©finit la valeur du quotidien et interroge la façon dont un simple tirage peut ouvrir des fenĂȘtres insoupçonnĂ©es sur le monde.
Au cĆur de cette sĂ©lection, le travail de Yamamoto Masao dĂ©ploie des milliers de tirages de petites dimensions. Ces images dĂ©licates, souvent dâĂ peine quelques centimĂštres, capturent lâĂ©vanescence des paysages, des scĂšnes de rue ou des instants volĂ©s Ă la grisaille. Le visiteur passe ainsi dâun petit carrĂ© Ă un autre, comme on feuillette un carnet intime, sans jamais ĂȘtre submergĂ© par la taille ou la grandiloquence des formats.
ParallĂšlement, Ă La Cerisaie, la photographe Brune PĂąris explore le rapport mystĂ©rieux quâentretiennent les plantes avec lâobscuritĂ©. Ses clichĂ©s, tantĂŽt en contre-jour, tantĂŽt noyĂ©s dans des ombres denses, rendent hommage Ă la vie souterraine et aux fascinantes structures vĂ©gĂ©tales. Câest une expĂ©rience sensorielle oĂč la lumiĂšre devient sculptrice, rĂ©vĂ©lant, dans la pĂ©nombre, des dĂ©tails insoupçonnĂ©s : nervures, gouttes dâeau et crevasses de terre.
Enfin, au sein de lâĂcole BladĂ©, deux approches radicalement diffĂ©rentes cohabitent. Aline Bovard-Rudaz prĂ©sente sa sĂ©rie sur les « radiumineuses », ces vieux panneaux publicitaires illuminĂ©s Ă la peinture phosphorescente, vestiges dâune esthĂ©tique chimique qui se dĂ©voile la nuit. Ă ses cĂŽtĂ©s, Charles Thiefaine montre des photographies de zones de conflit, saisies dans lâinstant, oĂč chaque ride de poussiĂšre et chaque brique abĂźmĂ©e racontent une histoire de fragilitĂ© humaine. Les contrastes entre le doux Ă©clat des radiumineuses et lâariditĂ© des paysages en guerre crĂ©ent un dialogue visuel saisissant.
Ces trois lieux dâexposition du Centre dâart forment un parcours immersif : du rire feutrĂ© de la feuille en gros plan aux rĂ©miniscences des conflits mondiaux, en passant par les silhouettes vĂ©gĂ©tales dans lâobscuritĂ©. Cette variĂ©tĂ© dâangles et de formats permet de saisir la richesse dâune programmation estivale qui ne se cantonne pas Ă lâesthĂ©tique, mais questionne notre rapport Ă lâimage et Ă la mĂ©moire.
Chaque visite sâapparente Ă une quĂȘte, un jeu de piste dont les indices sont dissimulĂ©s dans des cadres minuscules ou des Ă©clairages feutrĂ©s. Câest le pari rĂ©ussi du Centre dâart : faire de lâinvisible un terrain dâexploration pour lâĆil et pour lâesprit. Insight final : en sâattardant sur ce quâon croyait insignifiant, on dĂ©couvre souvent lâessentiel.

à lire également :
PrÚs de Montmirail, Marc Bérat immortalise pour la deuxiÚme fois un rarissime chevreuil blanc
PrĂšs de Montmirail, une deuxiĂšme rencontre avec un chevreuil blanc en un peu plus dâun an Marc BĂ©rat a de nouveau photographiĂ© un chevreuil blancâŠ
Immersion dans « Terrains propices » à la Halle aux grains
La Halle aux grains se transforme, le temps de lâĂtĂ© Photographique, en une plateforme dâĂ©vĂ©nements culturels et de rĂ©flexions sur lâespace. Le cycle « Terrains propices » regroupe quatre artistes qui explorent tour Ă tour la mĂ©moire, la physique du regard et la matiĂšre mĂȘme de la photographie.
LĂ©onie Pondevie puise dans lâhistoire personnelle de son pĂšre, mĂ©tĂ©orologiste amateur, pour composer des images oĂč les relevĂ©s de tempĂ©rature et de pression deviennent motifs graphiques. Ses tirages juxtaposent relevĂ©s manuels et clichĂ©s de nuages, transformant le rapport scientifique Ă la mĂ©tĂ©o en un poĂšme visuel. Chaque photographie contient des annotations, des graphiques et des annotations minutieuses, qui crĂ©ent un dialogue entre la prĂ©cision des chiffres et la poĂ©sie des formes.
JonĂ s Forchini, avec sa sĂ©rie « Un apprentissage du trouble », propose une exploration subaquatique. Les paysages marins se font labyrinthes mouvants, oĂč la silhouette humaine se dissipe dans le bleu. Les corps sont fragmentĂ©s, les perspectives dĂ©calĂ©es, comme si le regard devait sans cesse se rĂ©adapter Ă un espace en perpĂ©tuel mouvement. On y dĂ©couvre lâinstabilitĂ© du repĂšre et lâĂ©mergence dâun univers onirique sous la surface de lâeau.
Coline Jourdan concentre son travail sur les consĂ©quences de lâextraction miniĂšre. Ses images montrent des terrains creusĂ©s, des dĂ©chets industriels et des sites dĂ©sertĂ©s, oĂč la terre devient cadavre. Les couleurs se fanent, les structures industrielles se dĂ©tachent sur des ciels vaporeux, et chaque tirage devient un tĂ©moignage silencieux des impacts environnementaux. Son approche documentaire est renforcĂ©e par des lĂ©gendes prĂ©cises qui renseignent sur les mĂ©thodes dâextraction et les Ă©chelles de gravitĂ© des sites.
Enfin, Lucas Leglise interroge la matiĂšre photographique elle-mĂȘme. Ă travers des tirages expĂ©rimentaux soumis Ă la lumiĂšre, Ă la chaleur ou Ă des rĂ©actions chimiques, il rĂ©vĂšle les conditions dâapparition de lâimage. Son travail attire lâattention sur la fragilitĂ© du support argentique, sur les grains dâargent et sur lâimpermanence de la pellicule. Les traces laissĂ©es par lâoxydation et par lâexposition accidentelle deviennent autant dâestampes abstraites.
Ensemble, ces quatre artistes offrent un panorama de la photographie contemporaine, oĂč la notion de « terrain » sâĂ©tend du paysage physique au support lui-mĂȘme. Insight final : dans ces « Terrains propices », chaque empreinte â quâelle vienne de la vapeur dâeau, de la roche ou de la chimie â raconte une histoire dâadaptation et de rĂ©silience.
à lire également :
« Les Abords » : Dana Cojbuc dévoile une double exposition photographique
« Les Abords » : comprendre le dialogue entre photographie et dessin de Dana Cojbuc Avec « Les Abords », Dana Cojbuc invite Ă regarderâŠ
Calendrier des événements culturels et vernissages en juillet
Le Centre dâart et de photographie de Lectoure rythme cet Ă©tĂ© 2026 avec un calendrier riche en vernissages, rencontres et ateliers. Chaque rendez-vous devient lâoccasion dâĂ©changer avec les artistes, de dĂ©couvrir des pratiques variĂ©es et de participer Ă des moments conviviaux.
- đ Samedi 11 juillet (15h-19h) : rencontres avec les exposants dans chaque lieu sur prĂ©sentation du pass
- đ„ Samedi 11 juillet (20h) : vernissage sur la promenade du Bastion
- đ§ Dimanche 12 juillet (11h) : DJ Set dans le jardin du Centre dâart (sur invitation)
- đ Samedi 18 juillet (18h) : lectures par Lectoure Ă Voix Haute Ă la Halle aux grains
- đ Mardi 21 juillet : nocturne des expositions jusquâĂ 22h
- đ· Samedi 25 juillet (18h) : visites conviviales avec dĂ©gustation, en partenariat avec la cave De la terre au verre
- đŠ Mercredi 29 juillet (15h) : visite contĂ©e pour les 3-7 ans Ă La Cerisaie, en lien avec la mĂ©diathĂšque
En parallÚle, des activités permanentes jalonnent la saison :
- đš Tous les vendredis (10h) : atelier jeune public pour les 6-12 ans, gratuit et sur rĂ©servation
- đ„ Tous les dimanches (11h) : visites commentĂ©es gratuites au dĂ©part de lâoffice de tourisme
| đ Date | đ Horaire | đ Lieu | đïž Tarif |
|---|---|---|---|
| 11 juillet | 15h-19h | Tous sites | đ Inclus dans le pass (10 âŹ) |
| 12 juillet | 11h | Jardin du Centre dâart | đ« Sur invitation |
| 18 juillet | 18h | Halle aux grains | đïž Pass ou gratuitĂ© selon public |
| 25 juillet | 18h | Halle aux grains | đ· Inclus dĂ©gustation |
| 29 juillet | 15h | La Cerisaie | đ¶ Gratuit pour les petits |
Pour consulter le dĂ©tail de chaque Ă©vĂ©nement, le site officiel du Centre dâart propose un agenda complet et les modalitĂ©s de rĂ©servation. Insight final : chaque date est une opportunitĂ© unique de tisser du lien entre artistes et public, au cĆur de Lectoure.
à lire également :
Ă NeufchĂąteau, « FrĂ©missences » rĂ©vĂšle le regard sensible dâĂlodie Jarrier Avec « FrĂ©missences », Ălodie Jarrier propose une rencontre entre observation du vivant etâŠ
AccĂšs, tarifs et services pour profiter au mieux de la programmation estivale
Pour vivre pleinement cet Ă©tĂ© photographique, il est essentiel de connaĂźtre les options dâaccĂšs et les services disponibles sur place. Le Centre dâart de Lectoure, installĂ© en plein cĆur historique, se rejoint facilement Ă pied depuis la place centrale. Ă proximitĂ©, un parking gratuit permet de dĂ©poser vĂ©los et voitures avant de flĂąner dans les ruelles pavĂ©es.
Les expositions sont ouvertes tous les jours de 14h Ă 19h, sauf en cas dâalerte canicule. Le pass est proposĂ© Ă 10 ⏠et donne un accĂšs illimitĂ© Ă tous les lieux dâexposition et aux rencontres avec les artistes. Des gratuitĂ©s sont prĂ©vues pour :
- đ„ Les habitants de Lectoure
- đ Les Ă©tudiants en art et mĂ©diation
- âżïž Les personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite
- đ¶ Les moins de 18 ans
- đ Les demandeurs dâemploi et bĂ©nĂ©ficiaires de minima sociaux
Sur place, un espace boutique propose des catalogues dâexpositions, des tirages dâĂ©dition limitĂ©e et des livres dâartistes. Un service de mĂ©diation rĂ©pond aux questions du public et propose des visites privĂ©es sur rendez-vous. Si tu souhaites organiser un atelier en groupe ou une prĂ©sentation de portfolio, contacte directement le service culturel au 05.62.68.83.72.
Les restaurants et cafĂ©s alentour accueillent Ă©galement les participants avec des formules spĂ©ciales durant le festival. Plusieurs circuits de visites guidĂ©es thĂ©matiques sont en vente Ă lâoffice de tourisme. Ces parcours, menĂ©s par des guides-chercheurs, lient la dĂ©couverte patrimoniale de Lectoure aux expositions dâart contemporain.
Enfin, le Centre dâart s’engage pour une expĂ©rience la plus inclusive possible : prĂȘts dâaudioguides, supports en gros caractĂšres, visites en LSF sur rĂ©servation. Insight final : la photographie nâa jamais Ă©tĂ© aussi accessible, que ce soit pour les habitants ou les visiteurs de passage.
à lire également :
Ă Montauban, le Photo Club cĂ©lĂšbre six dĂ©cennies de passion et de regards sur lâimage
Ă Montauban, soixante ans de Photo Club et une histoire de transmission FondĂ© en 1966, le Photo-Club Montalbanais cĂ©lĂšbre son soixantiĂšme anniversaire en octobre 2026.âŠ
Lâengagement local et lâavenir de lâĂtĂ© Photographique de Lectoure
Au-delĂ de sa dimension artistique, le festival sâinscrit dans une dynamique de dĂ©veloppement territorial. Il met en lumiĂšre les photographes rĂ©gionaux tout en invitant des talents internationaux. Ce savant Ă©quilibre favorise les Ă©changes, stimule les collaborations et nourrit lâĂ©cosystĂšme culturel gersois.
Chaque annĂ©e, le Centre dâart collabore avec des associations locales, des Ă©coles et des entreprises pour faire rayonner Lectoure. Les artistes en rĂ©sidence participent souvent Ă des workshops avec les enfants des Ă©coles primaires ou les seniors en maison de retraite. Ces actions de mĂ©diation, gratuites, renforcent le sentiment dâappropriation de lâĂ©vĂ©nement culturel par tous.
Lâun des objectifs pour les prochaines Ă©ditions est de dĂ©velopper des partenariats europĂ©ens afin dâaccueillir des collections itinĂ©rantes et des Ă©changes de commissaires. Cette ambition sâappuie sur la visibilitĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par la couverture presse, notamment via Festivals-Photos et Europe Says. Ă terme, Lectoure pourrait devenir un pĂŽle rĂ©fĂ©rent pour la programmation estivale photographique en Occitanie.
En parallĂšle, des Ă©changes sont en cours avec dâautres Ă©vĂ©nements photographiques, comme le Festival Images Sportives de Deauville ou lâexposition du Griffin Museum. Ces passerelles renforceront la mobilitĂ© des Ćuvres et favoriseront la circulation des publics.
LâEHP 2026 affirme ainsi sa vocation : expĂ©rimenter, surprendre, et prĂ©parer la relĂšve des photographes. Insight final : en conjuguant ambition internationale et ancrage local, lâĂtĂ© Photographique de Lectoure trace les contours dâun futur oĂč chaque image devient un vecteur de partage.
Quel est le prix du pass pour lâĂtĂ© Photographique 2026 ?
Le pass est Ă 10 âŹ, donnant accĂšs Ă tous les lieux dâexposition et aux rencontres. GratuitĂ©s pour les moins de 18 ans, rĂ©sidents, personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite, Ă©tudiants et demandeurs dâemploi.
Comment réserver un atelier pour enfants ?
Les ateliers jeune public (6-12 ans) sont gratuits, sur rĂ©servation auprĂšs du Centre dâart. Il suffit dâappeler le 05.62.68.83.72 ou de passer par lâoffice de tourisme.
Peut-on visiter les expositions en nocturne ?
Oui, le mardi 21 juillet, toutes les expositions restent ouvertes jusquâĂ 22 h lors de la nocturne spĂ©ciale.
OĂč trouver les catalogues des expositions ?
La boutique du Centre dâart propose des catalogues, des tirages et des ouvrages dâartistes tout au long de lâĂ©vĂ©nement.
Y aura-t-il des Ă©changes avec dâautres festivals ?
Des partenariats sont en cours avec des Ă©vĂ©nements comme le Festival Images Sportives de Deauville pour favoriser la circulation des Ćuvres et des publics.




Cet Ă©tĂ© Ă Lectoure, les expositions offrent une belle façon d’observer le quotidien sous un autre angle.
J’adore l’idĂ©e d’explorer ce qui semble insignifiant. Chaque dĂ©tail compte vraiment !